HDA Créteil

[Lettres] Identité et métissages autour de la figure de Jean-Michel Basquiat

10 / 06 / 2019 | Marie-Hélène TEXSIER
Quelles images du métissage se dégagent des textes ?

Les arts à l’ère de la consommation de masse (de 1945 à nos jours) : un monde ouvert ? les métissages artistiques à l’époque de la globalisation.


Thème Hda : Les arts à l’ère de la consommation de masse (de 1945 à nos jours) : un monde ouvert ? les métissages artistiques à l’époque de la globalisation.
Niveau : cycle 4, 4e.
Disciplines : Histoire Géographie, Musique, Lettres, arts plastiques
Problématique hda : comment les artistes, à travers leurs œuvres, laissent transparaître identité réelles et identités réinventées ?
Outils possibles pour réaliser l’exposition virtuelle : Prezi, Padlet, DocExplore.

Compétences en Histoire des Arts :

  • Construire un exposé de quelques minutes sur un petit ensemble d’œuvres ou une problématique artistique.
  • Associer une œuvre à une époque et une civilisation à partir des éléments observés.
  • Décrire une œuvre d’art en employant un lexique simple adapté.
  • Proposer une analyse critique simple et une interprétation d’une œuvre.

Enjeux littéraires et de formation personnelle : Individu et société : confrontations de valeurs ?

Problématique en lettres : quelles images du métissage se dégagent des textes ?
Œuvres littéraires de référence : extrait de Vernon Subutex 2, Virginie Despentes, Editions Grasset et Fasquelle, 2015 ; Métis, Gaël Faye, 2013.

Compétences : Lire des textes variés avec des objectifs divers. Élaborer une interprétation de textes littéraires. Formuler des impressions de lecture. Situer une œuvre dans son contexte pour éclairer ou enrichir sa lecture et établir des relations entre des œuvres littéraires et artistiques.
Notions : énonciation, champ lexical, les formes de valorisation et de dévalorisation, tonalité.

Déroulé de la séance :

Ce que font les élèves :
Avant la séance, les élèves en groupes font une recherche sur les auteurs, et sur les noms propres de personnes cités dans les deux textes.
Etude comparative
Les élèves exprimeront d’abord leur ressenti face à ces textes, des sentiments qu’ils dégagent et formulent des hypothèses sur les intentions des auteurs.

Relevé des données biographiques, qu’apprend-on sur les origines et les trajectoires de vie des deux énonciateurs ? Comment interpréter le surnom « Bounty » ?

Gaël Faye s’exprime à la première personne, son texte est autobiographique, il nous parle de ses origines africaines et de la perception que les Français ont de sa couleur de peau. Alex Bleach, personnage inventé par V. Despentes et qui s’exprime à la première personne, est également métis, sa mère est blanche et il a eu un père adoptif. Le surnom « Bounty », tiré de la barre chocolatée du même nom, évoque sa couleur de peau, visible à l’extérieur, et ses goûts et son éducation « de blanc » qui le constituent intérieurement.

Relevé du champ lexical des couleurs.

Le noir et le blanc sont très présents dans les deux textes, les énonciateurs nous font comprendre qu’ils sont définis dans le regard des autres par leur couleur de peau.

Relevé des termes péjoratifs liés au métissage. Quelle est la tonalité des textes ?

Avec des points de vue différents, les deux énonciateurs dépeignent le mélange dont ils sont issus. L’attention est davantage portée dans le texte de G. Faye sur le ressenti personnel alors qu’elle est tournée vers le regard de l’autre dans celui de V. Despentes. On peut relever : « Blanche-Neige », « Bounty », « pur », « propre », « morcelé », « se détraque », « boue », « pas sa place » , « jamais à ma vraie place », « méprisé », « complexé », « martyr ». La tonalité des textes est ironique, et même polémique. Les deux énonciateurs refusent de se laisser ranger dans une catégorie et définir par leur seule couleur de peau.

Les deux textes expriment l’idée que les métis ont beaucoup de mal à se situer dans la société et dans le regard de l’autre, trop blancs pour les Noirs, trop noirs pour les Blancs. Ils revendiquent l’idée d’être définis par ce qu’ils sont et non pour leur couleur de peau. « J’ai le cul entre deux chaises, j’ai décidé de m’asseoir par terre ! », « Qu’est-ce que j’en ai à foutre, de la pureté ? ». Pour G. Faye le métissage est une richesse, le symbole d’une "fusion" entre les cultures, une invitation à l’amour universel.

Quels liens peut-on voir entre ces deux trajectoires et celle de Basquiat ?

Volonté de se construire une identité personnelle à l’écart des stéréotypes de la société, mélange des influences, décalage entre l’identité légale et l’identité ressentie, revendication de sa spécificité identitaire par le biais artistique.

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