Séance 1 : Qu'est-ce qu'un portrait ? _ « Quand tous s'en mêlent »

Objectif : Construire une définition à partir des acquis des élèves.

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Brain storming
Qu’est-ce qu’un portrait ? Quels mots ou expressions sont composés avec "portrait" ?

= travail individuel à l’écrit puis mise en commun au tableau pour essayer de dégager une définition.

Faire émerger la notion d’identité liée au portrait, c’est pourquoi c’est souvent le visage qui est représenté.

Observation de plusieurs types et genres de portraits.

Trace écrite : définition du portrait et ses caractéristiques

Séance 2, première partie : Quand les arts s'emmêlent

Montrer que les mots peuvent produire une forte impression visuelle , source d’inspiration pour l’auteur comme pour d’autres. (introduire la notion d’intertextualité ?)

Confronter un même portrait de personnage en littérature, dessin, BD et cinéma.

I/ Le portrait des origines : celui de l’Homme qui rit

Support : Extrait de L’Homme qui rit

Consulter le document Extrait de L’Homme qui rit de Victor Hugo au format pdf ou au format docx.

I/ Présentation du personnage
* Monstruosité par accumulation

II/ Présence du narrateur
*Sublimation par présence du narrateur.

III/ Le système d’oppositions

Conclusion : Hugo crée un personnage inédit, fait de contrastes, fruit et objet de la cruauté des hommes. Il est avant tout un visage, une figure (à la fois visage et figure du monstre) qui permet à son auteur (créateur lui-même) de s’interroger sur la nature humaine.

  • Cours sur les expansions du nom pour enrichir le portrait
  • Vocabulaire du portrait

Séance 2, deuxième partie : Un portrait à mourir de rire

Percevoir à travers un thème commun, la diversité des supports, des époques, des artistes du portrait.

Support : Fiche de portraits, de Gwynplaine au Joker.

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  • Doc1 : Personnage de profil à gauche, l’index levé supposé être L’Homme qui rit. Plume, encre brune, sur un feuillet d’album. BNF, Manuscrits.
  • Comme nombre de ses contemporains, Victor Hugo s’est intéressé au crétinisme, fléau qui sévissait alors dans les régions montagneuses. "Dans la balance de Dieu toute la création inanimée pèse moins qu’un crétin./ Le rire./ Qui sait si cet éclair de joie dans cette âme douloureuse pleine de ténèbres ne vaut pas aux yeux du Seigneur l’éternelle clarté du soleil sur les tours éternelle du Marboré." C’est bien dans cette association de la douleur et du rire que réside, semble-t-il, le noyau de L’Homme qui rit. Ce dessin est inspiré d’un portrait représentant un goîtreux par l’alpiniste anglais Edward Wymper. (source BNF)
  • Doc2 : Conrad Veidt sur l’affiche du film "The Man Who Laughs" (1928) de Paul Leni
  • Doc 3 : Première apparition du Joker dans Batman 1 de Bob Kane
  • Doc 4 : " The Killing Joke ", d’Alan Moore et Brian Bolland, 1988
  • Doc 5 : Jack Nicholson dans le Batman de Tim Burton, 1989
  • Doc 6 : première de couverture de la BD L’Homme qui rit, de Ed Brubaker et Doug Mahnke, 2005
  • Doc 7 : Heath Ledger dans The Dark Knight, de Chritsopher Nolan, 2008

I/ Impression d’ensemble

II/ L’époque, le support

III/ Les éléments constitutifs des portraits

  • Trace écrite :
    Malgré la diversité des époques et des médias utilisés, ces portraits ont en commun leur origine et l’aspect caricatural de ce rire affreux et inquiétant qui jure avec l’essence même du rire.
    Le style graphique évolue ; le rire innocent disparaît au profit d’une folie dangereuse manifeste.
    - On passe d’un écrit avec une idée centrale forte (l’opposition du rire et de la souffrance intérieure), des mots et d’une esquisse à l’encre à un personnage haut en couleurs qui ne garde de la source que ce rire.
    - L’opposition entre l’être et le paraître, chère à Victor Hugo, s’efface pour devenir celle de l’expression de la joie (rire) et de la cruauté. Les artistes qui se sont inspirés du personnage de Victor Hugo mettent ainsi en œuvre les mots de l’écrivain, donnent vie à son principe selon lequel " l’homme ne peut rien sur sa beauté, mais peut tout sur sa laideur."
    - Ces dernières années, les artistes se sont reculés du seul visage du personnage pour mettre en évidence une attitude : celle du bouffon (sens de joker en anglais) prédateur qui se rit de la destruction et du mal.

Séance 3 : Quand la laideur se reflète en d'autres portraits

Consulter les extraits de M. Leiris et A. Nothomb au format pdf ou au format docx.

TEXTE 1 :

Incipit du récit autobiographique de M. Leiris.

  1. Un portrait de la laideur, péjoratif car subjectif. Leiris donne à lire son jugement sur lui-même grâce à des moyens littéraires : des figures de style, des cdn et les degrés de l’adjectif (comparatif et superlatif) , type de verbes, adjectifs évaluatifs etc.

PNG-# Confrontation du texte avec le tableau de Bacon
Préciser d’abord que les deux hommes se connaissaient bien.
- Synthèse entre le mouvement et une vision de l’âme humaine.
- Caractère insaisissable et fuyant du visage : fidèle à ce que dit Leiris de lui dans son autoportrait : se livre sans se livrer.
- yeux vitreux : comme un dédoublement, comme une facette de pièce que l’on peut retourner.
- Côté carnassier : visage décomposé, comme ouvert. (cf statuettes africaines dont le mode de représentation est très différent de celui de l’Occident. Probablement lié à l’expérience en Afrique qu’a vécue Leiris avec Marcel Griaule, ethnologue qui avait pour mission de répertorier les différentes cultures. Leiris tenait le journal de bord de l’aventure et n’hésitait pas à y inscrire les moindres détails y compris concernant les vols et les pratiques peu orthodoxes dont Griaule aurait été coupable. Suicide de celui-ci d’ailleurs à son retour à Paris. Ajouter aussi que Picasso s’est inspiré largement de ces statuettes (en allant les contempler au musée d’histoire naturelle dont Leiris a été lui-même le directeur de service au Laboratoire d’ethnologie plus tard), pour réaliser Les demoiselles d’Avignon en 1907, premier tableau cubiste.
Fidélité du tableau dans son approche même s’il est difficile de reconnaître Leiris dans ce portrait décomposé.

TEXTE 2 : Attentat d’Amélie Nothomb

Livre dont la référence à Hugo est explicite , non au personnage de Gwynplaine mais à celui de Quasimodo, autre figure de la laideur.
Épiphane Otos, monstre hideux mais esprit éclairé aime Éthel, jeune comédienne d’une grande beauté. L’auteur disserte autour de l’idée de norme.

Là encore, le rire est central dans le roman. C’est ici un rire cynique qui dévoile le côté noir du personnage. Contrairement à Gwynplaine qui est porteur "des valeurs du bien", Epiphane est volontairement sadique et se réjouit de la répulsion de l’effroi qu’il provoque chez les autres.
La laideur est encore une fois exacerbée et se révèle finalement peu réaliste. Elle sert l’imaginaire de l’auteur et celui du lecteur. L’être et le paraître ne font qu’un.

Séance 4 : Et si on se tirait le portrait ?

L’idéal serait de demander aux élèves de faire leur autoportrait en Arts plastiques et de le mettre ensuite en mots en français. La note pourrait être commune et servir l’objectif suivi qui est de créer des passerelles entre les disciplines.

Ouverture possible du sujet : Autour de la mutilation ou de la laideur :
- en peinture : Bacon, Van Gogh...
- en musique : la chanson de Gainsbourg "Des laids, des laids"
- en littérature : La Cicatrice de Bruce Lowery, pourquoi pas un extrait de Harry Potter, dont la cicatrice lui rappelle la perte de ses parents et le fait souffrir.
- en histoire : le portrait officiel

Pour continuer dans l’intertextualité : Le Dalhia Noir, de James Ellroy ou le film du même nom de Brian de Palma dans lesquels on trouve une référence à l’Homme qui rit, de Victor Hugo, avec le portrait d’un clown élargi jusqu’aux oreilles et puisque la meurtrière s’en inspire directement. Le Dahlia est défiguré de la même façon. De plus, il est dit que De Palma a montré le film allemand de 1928 L’homme Qui Rit de Paul Leni à ses comédiens pour parfaire les derniers détails...

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