• Niveau : troisième en Arts Plastiques.
  • Théme HdA : Arts, ruptures, continuités.
  • Durée : trois séances.

Séance 1 : Autoportrait.

1 feuille format raisin (50x65 cm) tenue à la verticale, crayon à papier, photo du carnet de correspondance.

Les élèves savent ce qu’est un autoportrait. Ils ont étudié des œuvres patrimoniales dans les classes antérieures et travail sur le portrait en Français et en Histoire/Géographie.

Après l’effectuation, la verbalisation expose les autoportraits de toute la classe au regard des élèves. Elle met en évidence des oppositions plastiques entre le format du support et le modèle. Le vaste espace occupé par le dessin sur la feuille par rapport au format restreint de la photo d’identité.

La question de la ressemblance est également centrale pour les élèves.
Elle est perçue comme méliorative dans leur autoportrait et la dissemblance comme péjorative presque caricaturale dans leur réflexion sur les travaux des autres élèves mais rarement sur leur propre production plastique.
On parle alors de représentation subjective (factuelle ou volontaire)
de soi.
Aucune œuvre n’est montrée aux élèves.

Séance 2 : Le photomaton est déréglé.

Crayon à papier, gouaches, reprise du format raisin avec l’ autoportrait.

Rappel de ce qu’est un photomaton dédié aux photos d’identité (la machine qui nous tire le portrait) et énumération des motifs de refus d’une photo pour établir un document officiel.

Effectuation sur deux séances puis verbalisation.
Dans le champ des Arts plastiques nous parlons du rapport entre le fond et la forme, l’occupation de l’espace de la feuille par la déformation du sujet, encore une fois de la vraisemblance et de la dissemblance et de la dualité de ces deux autoportraits.
Un qui serait présentable presque officiel malgré des défauts inhérents à la pratique : le dessin et un autre comme une interprétation plus personnelle de soi.
A la fin de cette partie de la verbalisation, je montre quatre reproductions en simultané de La Joconde.

Des points commun (formels dans un premier temps) apparaissent avec le travail de Basquiat, LHOOQ et son titre évocateur intéresse également les élèves. Ils connaissent le travail de Warhol (vu en quatrième) et on vu La Joconde de De Vinci.

L’entrée dans la problématique HdA se fait donc via le Basquiat qui représente un billet de banque et induit alors le mercantilisme autour d’un "vieux beau tableau".

L’image du beau est alors questionnée, la simplicité de la reproduction de La Joconde de De Vinci touche les élèves mais ils sont déçus quand ils sont en contact direct avec l’œuvre au musée.
Le Duchamp est compris comme un "enlaidissement" d’une "belle image".

Le support de LHOOQ devient alors extrêmement important, il s’agit d’une carte postale crayonnée (moustache, barbichette et lettrage). Les élèves font le rapprochement avec l’image multiple et reproductible à l’infini de Warhol. C’est une image qui devient un stéréotype du beau.

Il est question d’une reproduction d’oeuvre et non plus d’une Oeuvre qui par ce geste iconoclaste redevient l’oeuvre de Duchamp. Il ne s’attaque pas à La Joconde de De Vinci qui est devenue une "Icône profane" mais à son statut dans notre société de consommation. La boucle est alors bouclée par le billet de banque de Basquiat (et une rapide évocation de son histoire personnelle) qui renforce cette idée de la Joconde devenue à son insu et au fil de l’histoire de la société occidentale une image de propagande du Beau.

Une des suites à ce travail en français serait de faire utiliser aux élèves leur autoportrait pour en faire une description en utilisant le vocabulaire spécifique de cet exercice.