Pourquoi enseigner l’histoire des arts ?

Le texte organisant cet enseignement énonce clairement, dans le chapitre « dispositions générales », les objectifs poursuivis. L’objectif culturel a été développé dans le paragraphe précédent. Trois points nous semblent mériter une mention particulière.

- « Offrir à tous les élèves, de tous âges, des situations de rencontre, sensible et réfléchie, avec des œuvres ». L’œuvre d’abord. Le principe de réalité oblige à admettre que cette rencontre sensible sera le plus généralement médiatisée (reproductions, enregistrements) mais la promenade urbaine, la visite au musée, la fréquentation d’une salle de concert ou de théâtre, d’un centre de création artistique, en un mot la rencontre directe avec les œuvres et éventuellement avec leur créateur constitue un objectif majeur de cet enseignement.

- « Les aider à franchir spontanément les portes d’un musée, d’une galerie, d’une salle de concert, d’un cinéma d’art et d’essais… » Comme tout enseignement - mais plus que d’autres peut-être - l’histoire des arts participe à la construction de la personne de l’élève et dépasse la simple acquisition de savoirs scolaires. C’est en dehors du lieu et du temps de l’école que se concrétiseront les bénéfices tirés de ces apprentissages.

- Pour y parvenir il faut, et c’est le troisième point, qu’ils apprécient « le plaisir que procure la rencontre avec l’art  ». L’enseignement de l’histoire des arts manquerait son objectif s’il devait s’ossifier, se scléroser dans la manipulation de fiches ou dans des présentations magistrales. En histoire des arts, il faut travailler autrement et, sans rien perdre de la rigueur nécessaire à l’analyse des œuvres, laisser toute sa place à la parole, à la sensibilité et au « plaisir » de l’élève.

Comment enseigner l’histoire des arts ?

- A l’école primaire comme au collège l’histoire des arts doit « favoriser d’autres façon d’enseigner ». Au collège le travail en équipe est l’une de ces nouvelles « façons ». A l’école primaire aussi, dans le cadre d’un projet d’école ou de cycle.

- Dans tous les cas la solidité des apprentissages et le souci d’aborder les œuvres avec des critères rigoureux « formes, techniques, significations, usages », ne rendent indispensables ni les leçons magistrales, ni les fiches stéréotypées. L’histoire des arts doit permettre de développer, outre des connaissances et des capacités spécifiques, des « attitudes » repérées dans le socle commun et souvent difficiles à mettre en œuvre dans les enseignements traditionnels. La sensibilité, la curiosité, l’ouverture d’esprit, la motivation, l’autonomie en sont quelques unes. Le travail de groupe, la recherche personnelle, le bref exposé, l’élève devenant « conférencier » ou « guide » pour ses camarades lors d’une sortie scolaire ou présentateur d’une œuvre théâtrale sont autant de manières de travailler autrement. On peut aussi penser à la réalisation d’un diaporama ou d’une courte vidéo.