- A l’école primaire l’organisation de l’enseignement d’histoire des arts dépend de l’équipe pédagogique, chaque professeur le déclinant dans sa classe et/ou dans le cadre d’un projet d’école. A partir du cycle 3 le volume horaire consacré à cet enseignement est de 20 heures et il suit, autant que faire se peut, les périodes historiques et les thèmes retenus dans les programmes d’histoire et géographie. Une liste d’œuvres de référence est présente dans le texte du BO n° 32 du 28 août 2008. L’enseignement de l’histoire des arts ne se substitue pas à la pratique plastique ou au chant choral.

- Au collège, dans la continuité des acquis de l’école primaire, l’enseignement d’histoire des arts est obligatoire dès la classe de sixième. La tradition bien française du pilotage par l’examen et l’expérimentation de l’épreuve d’histoire des arts du DNB au cours de l’année scolaire 2009-2010 ont eu pour effet de centrer les préoccupations des équipes sur le niveau troisième. On aura compris, à la lecture des paragraphes précédents, que seul un travail sur le temps long des quatre années du collège peut permettre de construire une culture artistique et donner aux élèves à la fois des connaissances et le goût pour les différents types de productions artistiques.

Il est « assuré en premier lieu par les disciplines constitutives de la culture humaniste, l’enseignement de l’histoire des arts représente un quart du programme (et non de l’horaire) d’histoire et géographie et la moitié des programmes (et non des horaires) d’éducation musicale et d’arts plastiques  ». Il va de soi que le rôle des professeurs de français est tout aussi déterminant, même si le texte du BO n’évoque pas directement les programmes de cette discipline. « Il est également mis en œuvre dans le cadre des enseignements scientifiques et techniques et de l’éducation physique et sportive. » L’apport du professeur d’éducation physique et sportive est irremplaçable lorsqu’il s’agit d’aborder la danse mais aussi, par exemple, l’étude de la statuaire. Pensons au discobole de Myron dont il peut, par la pratique, faire découvrir à la fois l’eurythmie…et l’impossibilité du geste. Dans le cadre de la thématique « Arts, techniques, expressions », les mathématiques, les sciences physiques et chimiques, la technologie trouvent tout naturellement leur place : forces en jeu dans l’architecture métallique, perspective, anamorphose, automates, art cinétique, installations faisant usage de la vidéo etc.

Les trois « piliers » de cet enseignement (périodes, domaines, thématiques) se trouvent dans le texte du BO n° 32 du 28 août 2008 auquel il convient une nouvelle fois de se reporter.

L’enseignement de l’histoire des arts « instaure des situations pédagogiques pluridisciplinaires et partenariales » il « implique la constitution d’équipes de professeurs réunis pour une rencontre, sensible et réfléchie, avec les œuvres d’art de tout pays et de toute époque ».

Concrètement, aucune heure de l’emploi dans temps des élèves ou des professeurs n’est spécifiquement dédiée à cet enseignement, il se déroule donc dans le temps imparti à chacune des disciplines. La pluridisciplinarité (ou la transdisciplinarité) sera donc plus souvent celle du projet que de la pratique. Rares sont en effet les cas, à l’exception notoire des sorties, où plusieurs professeurs peuvent intervenir conjointement devant les élèves. Toutes les occasions permettant ces interventions conjointes doivent néanmoins être saisies, on pense en particulier aux heures d’IDD lorsqu’ils existent ou à l’accompagnement éducatif. Les thématiques proposées dans l’arrêté d’organisation et les problématiques qui en découlent constituent de ce fait un élément clé du dispositif. En offrant aux professeurs d’une équipe un objet de réflexion commun, elles assurent la cohérence de l’ensemble. Il est évident toutefois que les professeurs d’arts plastiques et d’éducation musicale qui enseignent à tous les élèves d’un établissement ne peuvent se démultiplier à l’infini pour s’adapter aux thématiques choisies par chaque équipe.

On peut alors donner aux professeurs les conseils suivants.

- En début d’année scolaire ou mieux encore à la fin de l’année quand se prépare la prochaine rentrée, les équipes de professeurs, pour chaque niveau de classe, choisissent une ou deux thématiques ainsi que les problématiques et les œuvres qu’elles estiment les plus appropriées pour y répondre. Chaque professeur, dans ce cadre, fait le choix d’une ou des œuvres qu’il proposera aux élèves « en cohérence avec le volet « histoire des arts » de son programme disciplinaire » « sans renoncer à sa spécificité (disciplinaire) » « en utilisant les savoirs et les savoir-faire propres à sa discipline ». Le travail sur cette ou ces thématiques constituera le « temps-fort d’histoire des arts » de l’année dont on peut imaginer qu’il comprendra une sortie ou un partenariat avec un établissement culturel.

- En dehors de ce « temps-fort », chaque professeur propose aux élèves l’étude d’œuvres choisies dans les différents domaines artistiques, dans le cadre de son programme et en respectant les pourcentages énoncés dans l’arrêté d’organisation. Le « plaisir » évoqué pour les élèves vaut aussi pour les professeurs  : le goût personnel, la connaissance particulière de tel ou tel artiste, de telle ou telle œuvre, de telle ou telle forme d’expression artistique doivent compter dans le choix de l’enseignant. Ne transmettons-nous pas toujours mieux ce que nous aimons ?

- Pour garder trace de toutes les œuvres, donner cohérence à cet enseignement partagé et permettre un suivi par les professeurs concernés, les élèves doivent tenir un « classeur d’histoire des arts » dossier papier ou dossier informatique accessible par exemple grâce au cartable en ligne.

- Il est souhaitable enfin de concevoir clairement un parcours cohérent sur les quatre années du collège, seul à même de donner tout son sens à un enseignement d’histoire des arts. Rien ne procure plus de satisfaction à un élève que de « reconnaître » une œuvre, de pouvoir dire « cela me rappelle… », en un mot de prendre conscience qu’il dispose de références et de repères qu’il peut utiliser. Pour cela il est nécessaire que chaque année ne soit pas close sur elle-même mais que les œuvres- ou au moins certaines des œuvres - étudiées une année résonnent explicitement avec d’autres étudiées dans les classes antérieures. Il faut à cette fin, a minima, que chaque enseignant soit au fait du travail réalisé par ses collègues. On peut alors parler d’un « projet de l’établissement en histoire des arts ».